A propos/ABOUT

 

I De l’informatique à la peinture

Passionné par toutes les possibilités que l’informatique ouvrait en matière de création d’images,
j’ai d’abord travaillé à la conception de sites et à l’invention de mondes où évoluaient d’étranges et sympathiques créatures
qui pouvaient servir de logos ou de mascottes. En décidant de me consacrer pleinement à mon activité de plasticien,
je n’ai pas abandonné ces petits êtres colorés et pleins de malice que je continue à inventer et à imprimer sur différents supports
Durant la même période j’ai pratiqué le « street art » afin de permettre à ces créatures de vivre leur vie dans un environnement urbain.

À partir des années 2000, j’ai commencé à mettre en scène ces personnages et à les faire évoluer
dans un univers humoristique et autonome qui soit comme une critique ironique du nôtre.
À cette époque ma principale source d’inspiration iconographique venait du monde des Comics et des Mangas.

 

II Le choix du médium pictural

De 2006 à 2009 j’ai eu la chance de travailler en qualité d’assistant de studio avec l’artiste américain Jin Meyerson.
Grâce à cette longue collaboration j’ai pu perfectionner ma pratique du dessin et approfondir ma technique dans le domaine de la peinture à l’huile.
C’est sans doute à ce moment-là que s’est formé en moi le projet de devenir peintre et non plus seulement imagier du monde
comme le sont nombre d’adeptes de la photo numérique ou des formes engendrées par des logiciels.
C’est aussi à ce moment-là que j’ai compris que la peinture était peut-être le meilleur médium pour faire entrer dans mon travail mes inquiétudes,
mes révoltes, mes questionnements politiques et écologiques à l’égard de la violence et du cynisme de notre monde.
Sans renoncer tout à fait à mon esthétique première, j’ai voulu me servir de la force de l’image pour m’engager dans la dénonciation de la tragicomédie
qui se joue tous les jours, quelque part, dans notre monde globalisé.

C’est ainsi qu’à partir de 2009 j’ai décidé de traiter par la peinture de sujets qui me touchaient particulièrement
et dont l’indignation qu’ils faisaient naître en moi m’incitait à les dénoncer : la brutalité de la guerre, le cynisme de la realpolitik,
le pouvoir des médias, la pollution…
Cela a donné naissance à une série de tableaux de grande dimension intitulée : « Prédators ».
Si, contre toutes les facilités offertes par la photographie assistée par ordinateur, j’ai choisi la peinture à l’huile c’est en réaction contre la superficialité,
l’immédiateté, le vide spirituel engendrés par la société de consommation.
En effet, à la superficialité de l’image médiatique la peinture oppose l’engagement de l’artiste dans la forme ; à son immédiateté,
le temps long du geste pictural ; à son vide spirituel, le plein d’une présence. Sans compter que, par sa nature tactile et sensuelle,
elle produit un effet émotionnel auquel ne sauraient prétendre les collages photographiques ou les bricolages sur Photoshop qui travaillent au seul choc visuel.

 

III Prédators

Cette série traite de la prédation de l’homme sur l’homme et sur l’environnement avec toutes les luttes de pouvoir et les phénomènes de destruction qui l’accompagnent. Les rapports de domination et d’asservissement y sont mis en évidence dans une scénographie brutale et sans concession.
Dans une même scène, par exemple, les victimes côtoient leurs bourreaux sur fond de bâtiments détruits ou de paysage ravagé par l’homme.
L’identité de traitement pictural des victimes et des bourreaux, des dominants et des dominés, ainsi que les jeux de symétrie dans la composition des scènes, sert à accentuer l’effet de violence généralisée.

L’égale minutie avec laquelle sont rendus tous les détails abolit la hiérarchie entre personnages, objets, décor et cette abolition, en arasant les hiérarchies auxquelles nous sommes habitués, questionne l’ordre de notre monde.
Construites à la fois comme un tout et comme un ensemble de détails exprimant chacun la réalité dans sa totalité, toutes les scène se donnent à lire dans leur globalité et comme une série de mini évènements.

« Prédators », qui veut avoir valeur de témoignage, utilise l’efficace de la peinture pour réveiller les consciences
hypnotisées par la surabondance des images médiatiques et leur déferlement ininterrompu.
Chaque tableau, dont l’esthétique doit beaucoup aux techniques du collage, du montage, de la rencontre inattendue entre deux univers,
se veut un arrêt dérangeant dans ce flot continu qui noie les émotions et empêche la réflexion.

Le processus créatif de « Prédators » se divise en deux phases.
Il y a d’abord la création virtuelle d’une image forte à partir d’éléments empruntés aux photos de presse,
puis le retravail de cette image originale par la peinture. La conjonction du virtuel et de la peinture de chevalet
confère aux tableaux de cette série un impact visuel que n’ont pas les images dont nous sommes abreuvés.
Par exemple le jeu des couleurs entre les teintes sombres des bâtiments en ruine et celles, plus vives,
des personnages vise à intensifier la dramatisation d’une scène. En arrière fond de « Prédators » il y a toute une culture iconique
qui vient de la vidéo, des mangas et des médias, mais les sources d’inspiration de cette série sont aussi la peinture religieuse et la peinture d’histoire.

C’est à cette tradition que chaque tableau puise pour transformer son sujet en récit et l’image médiatique muette, en une histoire,
celle de la violence et de l’absurdité de notre monde…




I From computer work to paintings

 

 

II Choice of the pictural medium.

 

 

III Predators


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